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Portraits de producteur

Florian Charrasse et Marion Ficatier


La Ferme de l’Ayguemarse : une histoire familiale


La Ferme de l’Ayguemarse est une exploitation créée par le grand père de Florian dans les années 1940. A l’époque, il s’agissait d’une exploitation de type vivrière, où étaient cultivés le tilleul, l’amande, l’olive, la vigne, la cerise... La plantation des vergers d’abricotiers date du début des années 60, dans une volonté de développer l’exploitation.
Quand le père de Florian reprend les rênes, il modernise quelque peu les structures (avec l’ajout, par exemple, d’une petite chambre froide pour la conservation des abricots entre le temps de la cueillette et celui de la vente) et développe les vergers. Sa mère met en place, quant à elle, l’accueil à la ferme avec la création des premières chambres d’hôtes des Baronnies : à l’époque, l’activité était très novatrice ! Par la suite, des gîtes ont été créés.
Avant de reprendre l’exploitation, Florian passe un BTS viticulture-œnologie. En 2009, 2 ans après que son père ait pris sa retraite, il récupère une exploitation entretenue, qu’il connait bien : depuis qu’il est en âge de travailler, il parcourt les vergers pour aider ses parents aux travaux quotidiens ! Très vite, il comprend l’importance de la vente directe, et trouve rapidement une clientèle fidèle grâce à la grande qualité de ses produits. Il développe donc sa présence sur les marchés : Lyon pour commencer, puis Paris. Sur les Marchés de Producteurs de Pays, il entend parler de Pari Fermier, et très vite, il intègre la grande famille des producteurs. Son succès est immédiat : les fruits frais apportés en saison font fureur !


L’arrivée de Marion, ou l’histoire d’une reconversion
Avant sa rencontre avec Florian, Marion vit à Paris et est ingénieur du son : elle enchaine concerts et spectacle. Une dizaine d’années durant, elle est toujours partie en tournée, en France ou en Europe, et ne compte plus les festivals à son actif.
Pourtant, dès son plus jeune âge, elle rêve de devenir agricultrice. Trop bonne élève, ses parents lui refuse l’accès au lycée agricole ; mais l’idée demeure dans un coin de sa tête… Quand elle rencontre Florian en décembre 2015, Marion travaille sur le Village des Terroirs de Vanves, pour lequel elle s’occupe de la technique et du son des concerts de Jazz live au bar des Saveurs.
Leur rencontre tombe à point nommé : Marion a justement décidé de quitter Paris 6 mois plus tard, avec l’envie d’embrasser un autre projet professionnel, et de monter sa propre structure : un coffee shop épicerie, avec des produits de producteurs fermiers, qui ont une vraie histoire. Tout de suite, entre la belle rencontre personnelle et le projet de vie professionnelle que peut lui proposer Florian, cela ne fait qu’un !
Six mois plus tard, Marion s’installe donc sur l’exploitation et prépare en parallèle son BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole). Aujourd’hui, Marion s’occupe principalement de la commercialisation et de l’administratif. Elle apprend, au fur et à mesure de l’année, la conduite des vergers : taille, entretien, récolte…


La conduite des vergers…
L’exploitation est située à 400 mètres d’altitude (les vergers se trouvant entre 350 et 700m) en plein cœur des Baronnies, en Drôme Provençale. Parc naturel régional, les Baronnies sont caractérisées par leurs paysages de moyenne montagne, très escarpés. L’alternance de grès et de marnes confère au sol une variabilité très forte des conditions pédologiques, ce qui implique des différences en matière de récolte mais aussi de conduite des sols et des vergers.
Côté vergers, Florian cultive les abricots, mais aussi les cerises et les olives. Il possède aussi des vignes de raisin de table et de cuve. Comme il n’a malheureusement pas le temps de faire lui-même son vin, il fournit le raisin à la coopérative voisine, et vend son raisin de table sur les marchés.
Florian et Marion sont de fervents partisans de l’agriculture raisonnée : « notre vision de l’agriculture raisonnée, c’est conserver des parcelles de petites tailles » ; et il faut faire avec le contexte géographique, car ils sont en montagne, avec des parcelles très pentues ! « C’est aussi conserver les pratiques culturales héritées du père de Florian, avec la conduite d’une agriculture en terrasses, mais encore préserver les espèces anciennes » (pour les abricots : l’Orangé de Provence ou le Rosé de Provence - un abricot blanc, introuvable ailleurs ; pour la cerise, la Napoléon). « Et c’est enfin et surtout utiliser le moins de traitements possible ». Un challenge difficile pour la cerise, en proie aujourd’hui aux attaques d’un ravageur qui touche une grande partie des exploitations françaises : la mouche suzukii. Le couple teste actuellement plusieurs modes opératoires, toujours très difficiles à mettre en place : piégeages, répulsifs naturels (comme des plantes odorantes qui vont repousser les mouches), réflexion sur les filets…


Leurs oliveraies sont menées en Agriculture Biologique (de même que les vignes dont sont issues le raisin de cuve). Que ce soit au niveau de la taille, de la gestion des parasites, la conduite d’une oliveraie est très différente de celle d’un verger de cerises ou d’abricots. Il faut donc des compétences très diverses, que Florian a perfectionnées au prix de nombreuses heures passées sur le terrain.
Les oliveraies de la ferme avaient été replantées par le grand-père de Florian à la suite du gel de 1956 qui avait touché la France et ravagé la quasi totalité des oliveraies françaises. Exploitées ensuite par le père de Florian, c’est la variété « Tanche » qui est cultivée. Pourquoi celle-ci ? « Parce qu’il s’agit d’un arbre qui tolère parfaitement le froid ! Comme elle est très résistante, elle est idéale et complètement adaptée pour les conditions géo-climatiques de notre région » ! L’AOP « Olive de Nyons » a justement été créée pour valoriser les caractéristiques très particulières de cette olive, au goût unique, que ce soit en tant qu’olive de table que transformée en huile. C’est pourquoi Florian poursuit le travail à son tour en plantant lui aussi des oliviers.
S’ils rêvent d’avoir leur propre moulin, ils transportent actuellement leurs olives à Nyons, pour qu’elles y soient triturées (pressées pour en tirer de l’huile).
A côté de leur production d’huile d’olive de Nyons, ils proposent en petite quantité la « Verdale de Carpentras », afin de d’avoir deux huiles très différentes à déguster.


Un emploi du temps au rythme des saisons
L’activité de Florian et Marion est complètement saisonnière et varie selon les périodes. L’été, cerises et abricots sont à l’honneur. De la mi-mai à la mi-août sonne le temps de la pleine récolte des cerises, puis des abricots. Au mois d’octobre, et avec une certaine variabilité à prendre en considération selon les aléas climatiques, c’est la saison du raisin de table. De décembre à janvier, c’est au tour des olives d’être récoltées, en croisant les doigts pour que le gel ne vienne jouer de mauvais tours… La nature est reine, et Florian et Marion s’adaptent en fonction d’elle. Le reste de l’année, taille, entretien, traitements éventuels quand ils s’imposent, renouvellement des vergers et bien sûr les marchés viennent compléter leur emploi du temps bien chargé !


Une passion de l’arbre au service de la qualité du fruit
Florian est un passionné de l’arbre et du fruit. Du fait de sa connaissance approfondie du métier, de ses compétences techniques et de sa passion de l’arboriculture, Florian a aujourd’hui pour objectif de développer l’exploitation tant en nombre de variétés, qu’en matière de qualité du fruit, tout en allongeant le temps de récolte de ce dernier pour pouvoir proposer à ses clients des fruits mûrs sur une durée plus longue, avec une qualité irréprochable.
Pour faire évoluer ses vergers et en fonction des conditions de la parcelle, il plante de nouvelles espèces ou greffe des arbres déjà en place, pour renouveler les vergers et développer des variétés plus ou moins précoces ou tardives. En fonction des conditions de la parcelle, ils vont planter ou greffer, toujours dans un but de faire évoluer leurs vergers. L’avantage de la technique de greffage ? « Bénéficier de la structure racinaire de ton arbre déjà en place, le « porte-greffe » ! Cela entraine un gain de temps au départ… Et il est aussi possible de choisir tes greffons, que ce soit pour développer tes variétés, étendre la période de récolte, sélectionner les variétés qui nous plaisent le plus d’un point de vue gustatif, renouveler les vergers vieillissants, ou répondre à une demande croissante sur une certaine variété » !


 


Quels projets pour l’avenir ?
« Mon projet, c’est de développer des nouveaux produits pour proposer à nos clients des nouveautés régulièrement, en fonction des récoltes ! » Marion pense donc à développer les fruits secs, la gamme de confiture, les produits transformés (pourquoi pas une autre tapenade). Mais Marion doit tester, faire des essais, et ne pas nous en dire trop pour ménager l’effet surprise !
Florian, lui, souhaite toujours et encore proposer des cerises et des abricots en fruits frais sur le temps le plus long possible, mais sans sacrifier le goût ! Trouver donc un rapport entre la variété, précoce ou tardive, et le goût, à maintenir à son optimum… Son critère numéro 1, vous l’aurez compris : le goût ! Et pour cela, le temps investi dans ses vergers est essentiel…

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